Accueil MediaMed

ENDOCRINOLOGIE Pensez à imprimer cette page, afin de la lire ou la relire plus aisément. Avec Netscape, vous pouvez cliquer sur cette icone. Si vous utilisez un autre navigateur, utilisez sa commande d'impression.Diabétologie   Nutrition   Maladies du métabolisme
INFORMATION PROFESSIONNELLE

PEUT-ON PREVENIR LE DIABETE DE TYPE 2 ?

Des études très nombreuses montrent qu'en intervenant sur le mode de vie, la diététique et l'activité physique, il est possible d'exercer une véritable prévention du diabète de type 2, l'éducation jouant un rôle fondamental dans les résultats.
A l'aube de l'an 2000, le nombre de patients diabétiques en France est d' l,5 million, dont 90 % sont des diabétiques non insulinodépendants (diabète de type 2). Il ne s'agit que d'une estimation car plus de 500 000 patients auraient un diabète méconnu. La prévalence des diabètes de type 2 augmente régulièrement dans les pays développés ainsi que dans les pays en voie de développement. Ainsi les meilleures prévisions estiment que le nombre de cas de diabètes de type 2 va doubler dans les dix ans.

Le diabète de type 2, beaucoup plus nettement que le diabète insulinodépendant, est lié au mode de vie. La réduction de l'activité physique par perte du mode de vie traditionnelle, la sédentarisation et le déséquilibre alimentaire sont les deux facteurs essentiels sur un terrain génétique prédisposé.
Nos ancêtres très éloignés, au temps de la préhistoire, étaient essentiellement des chasseurs et des cueilleurs. La culture des terres, l'élevage, la sédentarisation, multipliée depuis cinquante ans avec l'automatisation, aboutissent au développement, sur des terrains génétiques prédisposés, des maladies de surcharge. Les exemples les plus connus sont les tribus indiennes des Etats-Unis, et notamment les indiens Pima, américanisés, vivant dans une réserve proche de Phoenix en Arizona. Cette population a une prévalence du diabète dès l'âge de trente ans, voisine de 40 à 50 %. Un groupe d'indiens Pima, issus d'une même ethnie, a gardé un mode de vie plus ancestral, agriculture traditionnelle et activité physique intense, et les prévalences d'obésité, de diabète sont six fois moins élevées environ que dans le groupe américanisé malgré une similitude génétique. D'autres exemples ont été rapportés, les japonais émigrés à Hawaï, les habitants de l'ile Maurice, les aborigènes australiens transplantés en ville, les groupes afro-américains, issus des populations esclaves par rapport aux mêmes ethnies africaines, etc.
Dans le nord de la France et la Flandre maritime, l'exode rural, la mécanisation, les transports et l'alimentation traditionnelle ont également contribué à l'essor de cette maladie dite de civilisation.

La prévention du diabète de type II est-elle possible ?

Il existe un lien entre mode de vie et diabète non insulinodépendant.

L'activité physique est au devant de la scène

Le risque de survenue d'un diabète à l'âge adulte est d'autant moins élevé que l'activité physique a été importante dès l'adolescence. L'effet de protection est d'autant plus net que le niveau de dépense est important, tout particulièrement chez les sujets à risque, c'est-à-dire, les obèses, les hypertendus ou les apparentés à des diabétiques. Le risque du diabète est lui-même associé à l'obésité. C'est essentiellement une obésité dite centrale ou viscéral : la graisse réside au niveau abdominal, dans la partie supérieure, donnant une silhouette dite androïde. L'augmentation du rapport de la taille sur le tour de hanche est ainsi à très haut risque de diabète sucré, y compris et surtout dans le sexe féminin. Ce type de graisse entourant les organes abdominaux a un effet direct sur les mécanismes de l'apparition du diabète, notamment l'insulinorésistance. L'activité physique permet de réduire cette insulinorésistance et particulièrement si cette activité est centrée sur les quadriceps telle que la marche, les sports d'endurance, le jogging, la bicyclette, la natation ou tout sport de loisirs permettant de faire bouger les membres inférieurs.

Le rôle de l'alimentation est important

Un apport calorique excessif par rapport aux dépenses physiques, notamment une alimentation trop riche en graisses, favorise l'apparition du diabète non insulinodépendant. Les graisses animales, fromages, produits laitiers en grande quantité, viande à chaque repas, entraînent un déséquilibre de la ration calorique et un excès de corps gras, néfaste pour l'organisme. De plus, les corps gras sont moins satiétogènes que les sucres complexes (féculents). Le déséquilibre alimentaire vient également d'un grignotage excessif, des boissons sucrées (sodas, jus de fruits du commerce) et bien sûr de l'excès d'alcool, toujours trop important dans nos régions du Nord et participant à la prédisposition à l'obésité.

MediaMed Informations en endocrinologieQue faire et comment le faire ?

La prévention du diabète de type 2 passe, on l'a vu, par la maîtrise de deux composantes essentielles du mode de vie : la façon de manger et l'activité physique.

Les grands principes sont connus

Concernant l'alimentation. L'apport calorique doit être proportionné aux dépenses physiques dépendant de l'âge, du métier, de l'activité sportive. ·Les repas doivent être répartis dans la journée : petit déjeuner abondant et complet, repas de midi de composition variée, repas du soir relativement léger, petites collations si les horaires des repas principaux sont éloignés. Plus de 50 %, voire 55 % de notre ration doit provenir des glucides, surtout des glucides complexes, féculents (pommes de terre, pain à l'ancienne, pâtes, semoule, riz, etc.) mais aussi de légumineuses (haricots blancs, lentilles, pois chiches, etc.). Les lipides ne doivent représenter que 35 % de la ration calorique dont un tiers au maximum de graisses saturées (les graisses cachées dans les viandes et les fromages). Les boissons alcoolisées doivent être limitées à un ou deux verres de vin par jour au maximum ou leur équivalent.
Concernant l'exercice physique : " plus on bouge, mieux on se porte ". Les activités physiques sont recommandées trois fois par semaine, trente minutes par séance avec échauffement et récupération, à une intensité suffisante pour entraîner l'accélération du rythme cardiaque (et les sueurs). Toute occasion d'activité physique est bonne à prendre : marche quelques centaines de mètres, éviter l'ascenseur pour un ou deux étages, bicyclette dès les premiers beaux jours, natation, gymnastique aquatique, gymnastique volontaire, etc. Les activités ne manquent pas, notamment dans l'agglomération dunkerquoise où les clubs sportifs et associations sont très nombreuses.

Les messages sont simples

Les messages sont simples, il faut les faire passer. Rien n'est possible s'il n'y a pas au départ une prise de conscience. Oui, le diabète est une maladie grave. Oui, le diabète est une maladie que l'on peut souvent éviter. Cette prise de conscience est l'affaire de tous : des soignants, des diabétiques, regroupés en association - l'AFD en est un bel exemple -, mais également des services publics qui doivent gérer cet énorme problème et fournir les moyens financiers. Ainsi, la Conférence nationale de santé vient de donner ses conclusions dans le rapport 1998 du Haut comité de santé publique, soulignant que le diabète en France, et particulièrement le diabète non insulinodépendant, constitue un problème majeur de santé publique qui doit bénéficier de mesures particulières sur le plan de la prévention, du dépistage, du suivi clinique et thérapeutique. Il s'agit enfin d'une reconnaissance que la maladie diabétique est un véritable fléau ; il faut parler et reparler du diabète, utiliser les médias, dédramatiser sans banaliser. Ceux qui ont des risques particuliers : les obèses, les hypertendus, les femmes ayant eu des enfants d'un poids de naissance supérieur à 4 kg ou qui ont eu un diabète durant leur grossesse, tous ceux qui ont dans leur famille proche un ou plusieurs parents diabétiques doivent être informés et dépistés. Il faut s'organiser pour être efficace, l'union fait la force : tous les acteurs s'occupant du diabète, généralistes, spécialistes, services hospitaliers spécialisés, enseignants, infirmiers de ville et d'hôpital, associations de diabétiques, services médicaux de la sécurité sociale, administration sanitaire doivent travailler ensemble, si possible en réseau de soins. Cela afin de favoriser la prise de conscience des patients, de ceux qui se connaissent comme de ceux qui s'ignorent, d'éduquer des patients diabétiques et de réfléchir à de nouvelles stratégies d'éducation, utilisant tous les relais possibles et tout particulièrement les médecins généralistes, les infirmières de ville, les diététiciennes, les enseignants et les futurs enseignants des activités sportives ou d'encadrement sportif.

Le diabète attaque ! Défendez-vous ! Défendons nous.


Erick Verlet *

Octobre 1998
* Chef de service de médecine interne et endocrinologie-métabolisme C.H. Dunkerque

Source INTERMEDIC APICEM 31 10 98

RECOMMANDATIONS POUR LA PRISE EN CHARGE DU DIABETE DE TYPE 2
Bilan du troisième mois et bilan annuel.

RETOUR


    Les pages professionnelles  CC Pages Professionnelles

MediAnnonce - les annonces professionnelles MediAnnonce

   Maître-toile

© MediaMed - 3516.1 page remise à jour 24 03 03